3 ans pour contrôler les évolutions climatiques !

Olivier ABULI, consultant conseil et analyses

13 avril 2022

C’est avec 48 heures de retard que le troisième volet du rapport du GIEC consacré à « l’atténuation du changement climatique » a été adopté le dimanche 3 avril. Les âpres négociations auxquelles il a donné lieu ne sont pas sans rappeler les difficultés de validation de la déclaration finale de la COP26 en novembre dernier.

Aux mêmes causes, les mêmes effets : au fur et à mesure que la fenêtre de tir se rétrécit, il devient de plus en plus difficile d’éluder les questions critiques du renoncement rapide aux énergies fossiles, d’un accès équitable aux technologies et d’un financement solidaire des transformations.


Or les scientifiques sont formels : des solutions existent dans tous les secteurs pour réduire nos émissions de 50% à l’horizon 2030 ; mais à condition de les mettre en oeuvre de façon globale et coordonnée d’ici à 2025.


2025, année charnière


Tous les scénarios se recoupent : pour contenir le réchauffement planétaire à un maximum de 2° (les objectifs de l’Accord de Paris sont déjà presque caducs), il est impératif de circonscrire le pic des émissions à 2025 en renforçant immédiatement les leviers et politiques d’atténuation car nous sommes actuellement sur une trajectoire aux conséquences imprévisibles.

Concrètement, respecter les 1,5°, sans dépassement, nécessiterait de réduire d’ici 2050 l’utilisation du charbon, du gaz et du pétrole de 100%, 70% et 60%. Pour « tenir » les 2° ces taux sont respectivement de 85%, 15% et 30%. Sachant que, dans ces hypothèses, la quasi-totalité de l’électricité devra être fournie par des sources à teneur nulle ou à très faible en carbone.

Précision est de taille, puisque toutes les options « viables » reposent sur une électrification massive des moyens de production, de déplacements et de gestion des flux thermiques des bâtiments ; en s’appuyant sur un mix ENR, nucléaire et hydrogène décarboné.


Les solutions et les technologies sont à portée de main


Les experts du GIEC ne nous ont pas habitués à un tel optimisme. Mais ils l’affirment ! Des solutions matures et éprouvées (ENR) ou se situant à un stade pilote avancé voire de pré-commercialisation existent pour l’ensemble du spectre des activités à impacts significatifs. À titre d’exemples, l’on peut évoquer la cimenterie, la métallurgie, la construction neuve, la rénovation énergétique des bâtiments, les mobilités, l’agriculture…


Mais il reste très peu de temps pour garder un contrôle relatif de la machine climatique sans gager l’avenir sur le seul pari des technologies de capture-stockage du carbone dont l’avènement est encore incertain.


Pour les auteurs, c’est donc possible, mais à trois conditions systémiques.


Évoluer vers une baisse raisonnée de la demande

Pour la première fois, ce rapport établit un lien entre des modes de consommation excessifs de produits non durables et les enjeux climatiques. Une maîtrise de la demande, couplée à des changements de comportements, à des progrès substantiels de l’écoconception et à une optimisation des capacités de réutilisation pourraient permettre de réduire de 40% les émissions mondiales de GES dans le respect des bien-être individuels.


Changer de paradigmes financiers

Entre 2016 et 2020, 761 milliards de $ par an ont été investis dans les énergies fossiles. En comparaison, l’engagement des pays du G20 pour répondre aux besoins des pays en développement confrontés aux dérèglements climatiques d’ici 2025 n’est que de 100 milliards de dollars par an. Et en 2021, les catastrophes climatiques mondiales ont causé 270 milliards de $ de dégâts selon les assureurs… Face à la réalité des chiffres et aux normes qui se resserrent, investisseurs et assureurs commencent sérieusement à réviser leurs modèles et leurs grilles d’analyses.


Or, pour le GIEC, les volumes de liquidités disponibles sur les marchés sont largement suffisants pour couvrir les besoins d’investissements que réclame l’atténuation du réchauffement climatique. Et ce, même s’il fallait multiplier par un facteur de 3 à 6 les ressources à y attribuer !


L’ONU encourage donc pays et puissances régionales à émettre des signaux forts en termes d’incitations et de contraintes afin d’accélérer et d’accompagner cette indispensable réorientation des capitaux.


Convergence, cohérence et complémentarité des politiques

Ce qui était déjà un message clef du second rapport publié en février est ici martelé. Du local aux instances internationales de coopération et de régulation, les pouvoirs publics doivent impérativement mobiliser l’ensemble de leurs capacités institutionnelles pour favoriser les innovations les plus efficaces et soutenir la création de marchés durables. Leur responsabilité est d’entraîner les acteurs économiques en fixant des orientations et des calendriers qui sécurisent la transformation systémique de pans entiers des activités et de l’industrie.


« Dans tous les secteurs, nous disposons de solutions pour réduire au moins de moitié les émissions d’ici à 2030 ». (Communiqué de presse du GIEC du 4 avril 2022).


Cette affirmation, nous la partageons. C’est l’intuition qui a présidée à la création de Vetted.fr il y a 16 mois et à la définition de son modèle de mise en relation. C’est aujourd’hui une conviction avec plus de 700 solutions durables vérifiées référencées, à « portée de main » des décideurs publics et privés.

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